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LES BANQUES FRANÇAISES, UN ÉTAT DE SANTÉ PEU RASSURANT


Avant de lire cet extrait d’article publié dans la « La lettre stratégie et conseils » le 15 novembre 2018 par Philippe Herlin (1),

gardez à l’esprit que nous avons les solutions pour vous protéger avec des partenaires offrant des ratios de solvabilité à plus de 200 % et des solutions sans risque de blocages.

« La Lettre STRATÉGIE & CONSEIL Par Philippe Herlin »

On parle beaucoup de la mauvaise santé des banques italiennes, à juste raison, mais les banques françaises ne sont pas des modèles de bonne gestion, loin de là.

En réalité c’est tout le secteur bancaire européen qui se porte mal et, en creusant un peu, on voit poindre des menaces qui se révèlent inquiétantes pour l’avenir…

LES BANQUES EUROPÉENNES SONT EN MAUVAISE POSTURE

« En Bourse, la disgrâce continue des grandes banques européennes » titre Les Echos le 23 octobre.

Il existe clairement des inquiétudes qui pèsent sur les banques françaises et européennes, un problème spécifique car les banques américaines, elles, voient leurs cours progresser de concert avec les autres secteurs de l’économie. Mais en Europe, les cours des banques dévissent régulièrement par rapport aux autres valeurs. La mesure de référence, l’indice EuroSTOXX Banks, qui regroupe les grandes banques de la zone euro, a plongé de plus de 24% depuis le début de l’année alors que, sur la même période, l’indice regroupant les principales valeurs de la zone euro (tous secteurs confondus) ne s’est replié que de 8,8%.

Un autre indicateur témoigne de la profonde défiance des marchés envers les banques, le « price to book ratio ». Celui-ci rapporte la valeur boursière d’une entreprise à sa valeur comptable, et il est inférieur à 1 pour les grandes banques européennes. Autrement dit, aux yeux des investisseurs, les banques ne valent même pas la valeur de leurs actifs net ! Leur capitalisation est inférieure au « prix à la casse » !

Cela signifie que les investisseurs considèrent qu’il y a des « cadavres dans les placards », d’importantes moins-values potentielles qui ne sont pas prises en compte dans les bilans. La méfiance règne, les investisseurs, fondamentalement, n’ont pas confiance dans ce que leur disent les banques.

LES RISQUES QUI PÈSENT SUR LES BANQUES EUROPÉENNES

Les causes de cette défiance, les « cadavres dans les placards », sont de natures différentes mais ils s’additionnent, en voici les principaux :

1) Les taux bas, en raison de la politique monétaire laxiste de la Banque Centrale Européenne, qui écrasent la marge d’intérêt des banques (différence entre le taux auquel est offert le crédit et le coût de l’argent). Ils tirent aussi vers le bas les revenus perçus en remboursement d’un prêt. Et si les investisseurs se raccrochaient jusqu’ici à la perspective d’un retour à la normal de la Banque Centrale Européenne, la situation s’éternise et finalement elle ne prévoit pas de remonter ses taux avant au moins l’été 2019.

2) Les crises monétaires de plusieurs pays émergents, notamment la Turquie, auprès de laquelle plusieurs banques européennes sont engagées. La livre turque s’est effondrée par rapport au dollar et, comme dans de nombreux pays émergents, les entreprises empruntent en dollars (parce que l’épargne turque n’est pas suffisante, et que les taux d’intérêt sont élevés), ces emprunteurs se retrouvent donc coincés, leur dette augmente à proportion que la livre chute, car leurs recettes sont libellées en monnaie nationale. Et ces prêts en dollars sont essentiellement fournis par… des banques européennes, puisqu’elles ont accès au marché international, et donc aux dollars. Les créances douteuses ont ainsi progressé de 37% en Turquie depuis le début de l’année. BBVA est considérée comme la plus exposée, suivie de UniCredit, d’ING, de BNP Paribas et de HSBC.

3) La situation de l’Italie, avec l’alliance inédite entre la Lega et le mouvement cinq étoiles, qui crée de fortes incertitudes sur la dette publique et la santé du secteur bancaire. Moody’s a dégradé la note de la dette italienne, elle se situe désormais seulement un cran au-dessus de la catégorie « spéculative » (autre mot pour dire pourrie, ou « junk bond »). Les cours des banques italiennes ont plongé, entraînant dans leur sillage les acteurs européens les plus présents comme BNP Paribas et Crédit Agricole.

4) L’éclatement d’affaires de blanchiment. Coup sur coup, plusieurs scandales ont éclaté chez ING, et à la très sage Danske Bank, la principale banque danoise, on parle pour cette dernière de 200 milliards d’euros blanchis en 15 ans ! Ces affaires sont par nature individuelles, mais elles font peser un risque supplémentaire sur le secteur bancaire, et la menace d’une législation encore plus tatillonne et contraignante. Dans le cas de Danske Bank, les enquêtes n’en sont qu’à leurs prémices, mais la banque a déjà perdu 22% de sa valeur depuis la démission de son patron le 19 septembre dernier.

DES DOUTES SUR LA SINCÉRITÉ DES COMPTES

Des critiques sur la sincérité des comptes sont formulées par ce que l’on peut trouver de plus sérieux et de plus informé, puisqu’il ne s’agit de rien de moins que de la Banque Centrale Européenne et du Comité de Bâle, l’organisme chargé d’harmoniser la réglementation bancaire au niveau international (« Bâle 1, 2, 3… »).

La pratique frauduleuse consiste à clore certaines positions à la fin du trimestre pour améliorer de manière transitoire le ratio de levier présenté au superviseur, et ainsi éviter une potentielle surcharge en capital.

Un jeu de bonneteau dans lequel la banque se débarrasse pour quelques jours d’actifs dégradés afin de ne pas être contrainte d’immobiliser des liquidités supplémentaires. « L’habillage de bilan de la part des banques est inacceptable », juge le Comité de Bâle, qui appelle les banques et autorités de contrôle à « veiller au respect constant du ratio de levier » (L’Agefi, 19 octobre).

Il n’y a donc pas que les investisseurs qui doutent des grandes banques européennes, mais également les autorités monétaires, ce qui confirme les inquiétudes que l’on peut avoir.

LES TRÈS « PATAUDES » BANQUES FRANÇAISES

Les banques françaises sont « des poids lourds pas si rentables » affirme La Tribune le 17 octobre.

Des poids lourds au niveau européen, le premier rang même puisque, fin 2017, elles totalisent 6.770 milliards d’euros d’actifs et représentent 33% du total de bilan de l’ensemble des groupes bancaires supervisés par la Banque Centrale Européenne dans le cadre du Mécanisme de surveillance unique (MSU).

Les banques allemandes arrivent en deuxième position avec 20%, les espagnoles 15%, les italiennes 10%.

Le secteur bancaire français présente des ratios de solvabilité légèrement inférieurs à la moyenne européenne ainsi qu’un rendement des capitaux propres proche de la médiane mais inférieur à leur coût du capital.

Pour le site de BFM (le 29 octobre), les banques françaises sont « à bout de souffle » et, selon lui, « la pression monte face au manque de rentabilité ». Les revenus de la banque de détail continuent en effet de souffrir des taux bas, qui pèsent sur les marges des crédits.

Jusqu’ici les banques françaises ont maintenu leur rentabilité grâce à leur modèle diversifié, elles sont en effet présentes dans l’assurance, dans la gestion d’actifs, et elles disposent d’une forte présence à l’international. Mais justement ce dernier avantage menace de devenir un boulet avec l’effondrement d’un certain nombre de pays émergents, comme la Turquie. Et sans parler de l’Italie, qui n’est bien sûr pas un pays émergent, mais qui souffre d’un système bancaire malade : selon la Banque des Règlements Internationaux, l’exposition totale des banques françaises à l’Italie dépasserait les 314 milliards de dollars…

LES BANQUES FRANÇAISES FACE À DES CRÉANCES DOUTEUSES GRANDISSANTES

Les prêts « douteux », en défaut ou presque (les Non-Performing Loans – NPL – en anglais), sont considérés comme tels, selon la définition internationale, lorsque les remboursements accusent un retard d’au moins 90 jours. Autrement dit, la situation est largement désespérée, la reprise des remboursements étant peu probable. La banque peut éventuellement compter saisir le bien (immobilier ou autre) pour le revendre, mais cette opération prend du temps et se fait le plus souvent à perte.

Selon l’économiste Jean-Pierre Chevallier (cf son blog chevallier.biz), BNP Paribas a tendance à sous-estimer le poids de ses créances douteuses. Se basant sur des documents comptables inédits, celui-ci estime qu’aux 39,902 milliards de « NPL » reconnus par la banque, il faut rajouter 13,929 milliards d’euros de pertes potentielles sur des crédits réputés sains mais reconnus comme problématiques par la banque, ce qui fait un total de 53,831 milliards d’euros, soit tout de même 7,4% du total des prêts.

Cela commence à devenir alarmant. Selon L’Agefi du 6 août 2018, les banques françaises compensent l’écrasement des marges à cause des taux bas par une hausse du volume des crédits : chez BNP Paribas ils augmentent de 5,8% lors du deuxième trimestre 2018, chez LCL de 10% pour les crédits aux entreprises, à la Banque Postale de 33,8% (!) pour les entreprises et 2,5% pour les particuliers, BPCE et Société Générale demeurant, eux, en retrait. Comment expliquer une telle hausse des crédits aux entreprises alors que la croissance du PIB demeure atone ?

À l’évidence, il existe pour les banques françaises un vrai risque d’accorder trop facilement des crédits et, donc, de se retrouver d’ici peu avec une augmentation des créances douteuses...

Accessoirement, on notera que les banques compensent aussi cet écrasement de la marge d’intérêt par une hausse des commissions ; elles représentent ainsi 42% des revenus de la banque de détail à la Société Générale, plus de la moitié dans les caisses régionales du Crédit Agricole ! Les banques de réseau sont autant des collecteurs de taxes que des gestionnaires de comptes...

On a l’habitude de considérer que les systèmes bancaires malades sont ceux de l’Europe du Sud et de quelques pays de l’Europe centrale, et que l’Europe du Nord, France comprise, se porte relativement bien. Mais il faut de temps en temps revenir aux chiffres.

Un document du Parlement européen sur les prêts en défaut au sein de l’Union Européenne (Non-performing loans in the Banking Union: state of play) datant de la fin 2016 et publié un an plus tard, en juillet 2017, offre une synthèse intéressante.

Selon ce document, les prêts « non-performants » des pays de l’UE se montent à 1.092 milliards d’euros. Dans le détail, l’Italie est le pays le plus mal en point, comme on pouvait s’en douter, avec 276 milliards d’euros de prêts pourris dans les bilans de ses banques.

Mais en deuxième position vient la France avec 148 milliards d’euros !

Suivent l’Espagne (141 milliards d’euros), la Grèce (115 milliards d’euros), l’Allemagne (68), les Pays-Bas (45), le Portugal (41).

Ce très mauvais résultat de la France passe sous les radars du fait que le principal ratio pris en considération ramène ces prêts pourris à la taille du bilan : ce dernier étant considérable (le bilan des grandes banques françaises est égal à 3 fois le PIB national !), ces 148 milliards d’euros finissent noyés dans la masse.

Or c’est là une erreur, les engagements du bilan sont peu mobilisables, en tous cas pas rapidement.

En cas de crise, ce qui compte c’est le cash, les liquidités, les fonds propres, et lorsque l’on ramène ces prêts défaillants (148 milliards d’euros) aux fonds propres réels des banques (259,7 milliards d’euros fin 2016), on obtient un ratio de 57%.

Plus de la moitié des fonds propres des banques françaises sont menacés par ces prêts défaillants… Ce ratio est surnommé le « ratio Texas », le seul qui compte selon l’agence de notation Fitch.

Alors, aurons-nous bientôt des « bad banks » en France, c’est-à-dire des organismes chargés de débarrasser les banques de leurs prêts pourris, avec l’aide de l’argent du contribuable ?

Pour l’instant il n’y a pas d’urgence, contrairement à l’Italie, mais en cas d’accentuation de la crise (hausse du taux de défaut, choc financier quelconque), il aurait de quoi s’inquiéter.

UN RISQUE SUPPLÉMENTAIRE : 43% DE L’ÉPARGNE DES FRANÇAIS EST PLACÉE À L’ÉTRANGER !

Le dernier rapport annuel de « l’Observatoire de l’épargne réglementée », qui dépend de la Banque de France, a été publié le 26 juin 2017. Le principal chiffre qui ressort, et qui a été largement repris par les médias, est le fait que les Français détiennent plus de 5.000 milliards d’euros d’épargne financière, ce chiffre symbolique étant franchi pour la première fois.

Par « épargne financière » on entend les dépôts et les livrets bancaires, l’assurance-vie et les portefeuilles d’actions (détenus en direct ou via différents produits), à l’exclusion, donc, de l’immobilier.

Mais ce rapport a aussi publié un autre chiffre, explosif, lui, mais dont les médias n’ont pas parlé, mais dont nous avons parlé dans une Lettre précédente : 43% de l’épargne des Français est placée à l’étranger. Et ce chiffre est en forte augmentation depuis 2000 où il n’était alors que de 29%.

Pourquoi les banques vont-elles chercher des actifs financiers au-delà de nos frontières ?

La raison est fort simple, essentiellement pour y trouver du rendement. Car tous les « produits de taux » (livrets bancaires, assurance-vie en euros) subissent évidemment la baisse généralisée des taux d’intérêt, les taux zéro et même négatifs qui concernent la plupart des pays européens.

Dans ces conditions, comment offrir du rendement à ses clients, du moins au-dessus du bien pauvre 0,75% du Livret A ? Si les banques françaises se limitaient aux bons du Trésor français, elles ne pourraient pas verser grand-chose. Il faut donc acquérir de la dette italienne, espagnole, ou extérieure à la zone euro, plus rémunératrice, mais aussi plus risquée.

Ce comportement des banquiers et des assureurs, qui consiste à servir des rendements attractifs dans le contexte déprimé des taux zéro, inquiète d’ailleurs les autorités de tutelle. Selon le rapport, « l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) conseillent aux assureurs, depuis 2016, de faire preuve de modération dans les rendements sur les contrats euros servis à leurs clients. »

En clair, cette quête du rendement fait peser un risque systémique sur le secteur financier français, et un risque de perte en capital pour les épargnants.

La loi pour bloquer les comptes d’assurance-vie en cas de crise existe déjà, nous en avons parlé (loi Sapin 2), et vu le comportement aventureux des banques et des assureurs, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

LES BANQUES FRANÇAISES SONT NETTEMENT PLUS DANGEREUSES QUE LES BANQUES AMÉRICAINES

On se plait en France à dénoncer le capitalisme américain, à en moquer les excès et l’instabilité, spécialement dans le domaine de la finance. La dernière crise financière, celle des subprimes en 2008, venait effectivement des ÉtatsUnis, et un tel événement semble inconcevable dans une France si fière de ses « banques universelles » et de ses instances de régulation.

Pourtant, lorsqu’on regarde les chiffres concernant les grandes banques des deux côtés de l’Atlantique, on constate que le risque se situe clairement en France.

Tout d’abord, première particularité, on sait que les deux économies ont des poids très différents puisque le PIB des États-Unis représente 7,5 fois celui de la France, et pourtant leurs quatre principales banques sont de taille équivalente !

Les bilans de JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo et Citigroup pèsent au total 8.671 milliards de dollars, tandis que ceux de BNP Paribas, BPCE-Natixis, Crédit Agricole et Société Générale pèsent 8.330 milliards de dollars (les chiffres proviennent du blog de Jean-Pierre Chevallier, chevallier.biz).

Résultat, les quatre principales banques américaines représentent 44,5% du PIB des États-Unis, alors que les quatre grandes banques françaises représentent trois fois le PIB de la France !

La conséquence est limpide : en cas de grave crise bancaire, Paris ne pourrait pas faire face.

Mais justement, comment sont capitalisées ces banques ?

Autrement dit, quel est le risque systémique ?

C’est la deuxième particularité : les banques françaises souffrent de fonds propres nettement inférieurs à leurs consœurs américaines.

Les quatre grandes banques françaises ont un effet de levier moyen de 25,53 (de 21,92 pour le Crédit Agricole à 31,41 pour la Société Générale), ce qui signifie qu’elles ont 25,53 euros d’engagements pour 1 euro de « cash », de liquidité.

Un ratio démentiel : une perte sèche de seulement 1/25e de leur bilan, soit 4%, consomme tous leurs fonds propres et les met techniquement en faillite.

L’effet de levier de Lehman Brothers au moment de sa chute, le 15 septembre 2008, était du même ordre de grandeur (31).

Pour les banques américaines, aujourd’hui, l’effet de levier s’établit à moins de la moitié (11,63), ce qui s’avère nettement moins imprudent, même si le risque demeure évidemment.

Les marchés sont bien sûr au courant de cette réalité et, c’est la troisième et dernière particularité, ils la sanctionnent durement : la capitalisation (la valeur sur le marché boursier) des quatre banques américaines s’élève à 1.080 milliards de dollars contre seulement 180 pour les banques françaises, six fois moins, alors qu’elles sont de taille équivalente, on le rappelle…

Par un ironique retournement de situation, les grandes banques françaises incarnent tous les maux et les excès que les dirigeants français attribuent à « l’ultralibéralisme » des USA. Mais le responsable ici n’est pas le libéralisme, c’est plutôt le « capitalisme de connivence » qui lie étroitement les dirigeants des banques avec ceux du pouvoir, au point de les rendre aveugles au risque.

En cas de grave crise bancaire, nous l’avons dit, l’État n’aurait pas les capacités de faire face, il a en conséquence déjà pris ses dispositions : ponction des comptes bancaires (directive BRRD) et blocage de l’assurance-vie (loi Sapin 2), c’est-à-dire faire payer les déposants.

Quand ce cataclysme arrivera, il sera toujours temps de trouver un prétexte pour le mettre sur le compte du « capitalisme financier américain » …

FUSIONNER LES GRANDES BANQUES, L’ERREUR À NE PAS FAIRE !

Pour faire face à toutes ces menaces, une fausse bonne idée fait son chemin : fusionner.

Et pourquoi deux banques en mauvaise posture fusionneraient-elles ?

Pour devenir encore plus grosses et ainsi exploiter encore plus le principe Too big to fail, « trop gros pour faire faillite », c’est-à-dire pour s’assurer d’un soutien obligé de l’État, ou même de plusieurs si le nouveau groupe est transnational. Et aussi pour se garantir une aide inconditionnelle de la Banque Centrale Européenne car, à ce niveau, c’est la crise systémique européenne qui menace.

Les rumeurs actuelles évoquent la Commerzbank qui fusionnerait avec sa compatriote la Deutsche Bank, ou avec la française BNP Paribas, et d’autre part entre l’italienne UniCredit et la française Société Générale.

Les deux banques allemandes vont mal, leur cours de bourse est massacré, fusionner serait la preuve qu’elles sont incapables de se sauver et qu’elles se mettraient de facto sous la protection de l’État ; ce serait une nationalisation rampante. Une fusion BNP Paribas-Commerzbank répondrait plus à un projet politique qu’autre chose, on entend déjà les gouvernements et les médias annoncer au son des trompettes « l’Airbus de la banque » ; une comparaison qui n’aurait aucun sens. Quant à un rapprochement UniCredit-Société Générale, ce serait le gag de la décennie puisqu’il faut savoir que l’actuel directeur général de la banque italienne, Jean-Pierre Mustier, était le supérieur hiérarchique de Jérôme Kerviel lorsqu’il a failli couler la Société Générale en janvier 2008... Il n’avait pas vu les positions délirantes de l’un de ses traders, et il voudrait revenir au sommet…

Le pire est qu’il n’y a pas que des rumeurs qui circulent mais aussi et surtout un encouragement officiel de l’une des plus hautes autorités bancaires européennes, en l’occurrence la présidente du comité de supervision des banques européennes, Danièle Nouy, qui a déclaré le 7 novembre 2017 : « Nous avons besoin de plus de rapprochements bancaires. J’aimerais voir des fusions dans les douze mois. Je suis une personne optimiste ».

Non, ce qui s’avère nécessaire, ce sont des banques en bonne santé, mieux capitalisées, plus prudentes dans la gestion de leurs risques, et qui font la vérité sur leur bilan. Ces rapprochements ne créent pas de valeur, comme le dit un dicton américain, « deux dindes ne font pas un aigle ».

Des mastodontes européens ne feraient qu’accroître le risque systémique, renforcer le capitalisme de connivence, ce serait une forme d’étatisation.

Et l’épargnant aurait tout à craindre : son choix se restreindrait, la concurrence diminuerait, sa banque ne disparaîtrait plus bien sûr, mais il resterait tout autant exposé à une ponction sur ses comptes afin de renflouer une partie des pertes, comme le prévoit la directive BRRD.

Surtout, et c’est le plus grave, de tels mastodontes bancaires prendraient encore plus de risques qu’aujourd’hui, assurés qu’ils sont de bénéficier du soutien sans limite des États et de la BCE. Le risque systémique bancaire en Europe grandirait encore, au détriment des particuliers. Non, les fusions bancaires ne constituent absolument pas une réponse aux problèmes des banques aujourd’hui, ce serait même une dangereuse fuite en avant.

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(1)Philippe Herlin : économiste indépendant et essayiste est chercheur en économie, il a un DEA de finance de Paris Dauphine, une maîtrise d’économétrie de Paris X Nanterre, il est également membre du Club finance d’HEC.

Auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la crise financière, il est lauréat du 24 ème prix Turgot (« Prix spécial du jury ») décerné le 12 avril 2011 pour son ouvrage « le nouveau paradigme »

Ses interventions dans les médias :

- Invité sur RMC (+ article BFM) à Radio Brunet le 21 août 2018 - Invité à Sud Radio le 14 mai 2018 - Interview pour France Info le 15 décembre 2017 - Interview sur i24News le 12 décembre 2017 - Interview pour le site de LCI le 7 novembre 2017 - Débat sur RFI le 4 décembre 2017 - Interviewé sur RTL le 4 décembre 2017 - interview pour le site de LCI le 1er décembre 2017 - Interviewé sur Canal+ dans L'Info du vrai d'Yves Calvi) - Invité sur France Info (émission du soir de Frédéric Carbonne)

- Cité à deux reprises dans article du journal Le Monde , le 23 novembre 2017 - Interviewé dans C dans l'air le 6 novembre 2017 - Invité des Décodeurs de l'éco sur BFM Business le 2 novembre 2017 - Interviewé dans 20 Minutes le 13 octobre 2017 - Cité dans Forbes le 4 octobre 2017 - Invité sur RFI le 8 juin 2017 - Radio Brunet pour Son étude 50 milliards d’euros d’économies sur le budget 2018, c’est possible ! le 12 avril 2017 - Interview sur la directive européennes BRRD de ponction des comptes bancaires pour Contribuables associés. "Parmi les voix qui se sont élevées dans le désert, il y a celle de l’économiste indépendant Philippe Herlin qui, depuis un an, alerte les Français sur les dangers de la BRRD" (source) le 23 novembre 2016 - Invité sur Radio Brunet sur RMC "Faut-il avoir peur de Donald Trump ?" (podcast, article) le 8 novembre 2016 - Invité aux Décodeurs de l'éco sur BFM Business sur l'Opéra de Paris le 4 février 2016 - Cité dans Le Parisien à propos de la directive BRRD de ponction des comptes bancaires (plus d'infos) le 21 décembre 2015 - Interviewé sur France 4 "On n'est plus des pigeons" (entre 9'56 et 11'56) le 23 novembre 2015 - Interviewé dans le journal de 18h de France Culture (à partir de 12'30) le 12 novembre 2014 - Interviewé par le site d'Europe1 le 3 septembre 2014 - Débat avec Pierre Larrouturou sur la politique économique du gouvernement sur Sud Radio le 20 août 2014 - Interviewé pour cet article du Monde sur l'Opéra de Paris le 9 août 2014 - Interviewé sur RFI sur l'amende BNP-Paribas le 31 mai 2014 - Invité à "Le Téléphone sonne" sur France Inter le 16 janvier 2014 - cité dans Le Figaro le 17 décembre 2013 - Invité dans "Place de la toile" sur France Culture le 14 décembre 2013 - Interview dans La Tribune le 6 novembre 2013 - Interviewé pour article du Monde du 21 septembre 2013 - Participation au "Grain à moudre" sur France Culture le 23 août 2013 - Interview sur France Info le 2 juillet 2013 - Interview dans Les Echos (web et papier) le 30 mai 2013 - Article dans Le Point le 22 mai 2013 - Interviewé sur France Inter le 17 avril 2013 - Interviewé dans cet article du Monde le 9 avril 2013 - Interviewé dans un article de La Tribune le 9 avril 2013 - Débat sur Europe1 le 2 novembre 2012 - Débat sur Média-investigation avec Olivier Delamarche, Nicolas Lecoq-Vallon, Hélène Feron-Poloni le 28 octobre 2012 - Interviewé dans Le Nouvel économiste le 6 septembre 2012 - Invité avec Olivier Delamarche sur Radio courtoisie (podcast 1ere partie, 2e partie) le 9 juin 2012 - Interview vidéo pour le site du magazine Challenges sur la Grèce le 4 juin 2012 - Débat sur RFI ("Union européenne : La croissance d'abord, les déficits après?") le 24 mai 2012 - Tribune sur le blog de Paul Jorion le 11 avril 2012 - Interview vidéo pour le site du magazine Challenges sur son épargne le 2 avril 2012 - Tribune "Les monnaies complémentaires : un outil de développement économique" dans Libre Afrique le 22 mars 2012 - Cité dans Banque&Finance janvier/février 2012 - Interviewé dans Que choisir hors-série argent de janvier 2012 (page 6) - Cité dans cet article du Parisien sur les PPP le 9 janvier 2012 - Invité à Carrément Brunet sur RMC (podcast) le 25 novembre 2011 - Interview sur Radio Classique (7h30) le 21 novembre 2011 - Interview dans Une semaine d'enfer sur France 4 le 5 octobre 2011 - Interviews sur Radio Classique (à 7h45) et sur RMC le 5 octobre 2011 - Interview dans le journal de 8h de France Culture sur la Grèce le 4 octobre 2011 - Interview dans le magazine Paris Berlin d'octobre 2011 - Interview dans Le Monde.fr sur Dexia le 26 septembre 2011 - Cité dans cet article de Slate sur la dette le 23 septembre 2011 - Interview à la Radio Suisse Romande le 15 septembre 2011 - Interview dans Capital (M6) du 11 septembre 2011 pour le reportage "Mon argent est-il en danger ?" - Interview dans La Revue parlementaire de septembre 2011 - Interview dans eFinancialCareers.fr le 1 juillet 2011 - Tribune dans La Revue parlementaire de janvier 2011 - Article sur Benoît Mandelbrot dans Alternatives économiques (spécial Marchés financiers, décembre 2010) - Interviewé dans Le Figaro le 6 décembre 2010 - Invité dans "Le grand show de l'info" d'Eric Brunet sur RMC le 25 novembre 2010 à 13h30 - Débat sur RFI ("Que faut-il attendre du G20 ?") le 11 novembre 2010 - "La postérité de Benoît Mandelbrot", dans La Tribune du 20 octobre 2010 - Invité sur LCI dans le 17h-20h de Michel Field le 14 octobre 2010 - Interviewé sur France Culture (journal de 22h le 11 octobre 2010) - Débat sur RFI ("Faut-il payer pour la Grèce ?") le 4 mai 2010 - "La nature du hasard sur les marchés financiers" dans ACDEFI le 24 septembre 2009 - "Pourquoi les banques calculent-elles un coût du risque ?" dans Les Echos du 27 juillet 2009 - "L'inflation, un indice tronqué" sur Easybourse le 9 juin 2009 - "Les banques calculent-elles correctement le risque" dans La Tribune du 12 mars 2009 - Publication de deux articles sur Benoît Mandelbrot dans La Tribune et Les Echos le 5 février 2009 - "Le rôle de la Fair Value dans la crise" dans La Tribune du 22 janvier 2009 - "Les fondements erronés de la finance" dans Les Echos du 5 janvier 2009